Peace and love

Publié par : | 10 septembre 2020

Bon, vous venez de vous faire une blessure importante, tout votre entourage y va de conseils, mais vous vous posez plein de questions sur ce que vous devriez faire. «Est-ce que je dois mettre de la glace? De la chaleur? Est-ce que je dois prendre des anti-inflammatoires? Ou tout simplement attendre que ça passe?» En fait, les meilleures recommandations actuelles en termes de gestion de blessures aiguë et subaiguës sont résumées par l’acronyme anglophone PEACE & LOVE. Nous allons donc faire ensemble un survol des différents éléments. 

La première partie de l’acronyme, PEACE, s’applique à une blessure aiguë, plus souvent traumatique, et aux premiers moments suivant celle-ci.

«Immédiatement après une blessure aux tissus mous, ne faites pas de mal et laissez la paix (PEACE) guider votre approche»(1)

P (protection) Pour les 3 premiers jours (ou moins), la première étape est de limiter les activités pour ne pas empirer la blessure, pour limiter le saignement (si c’est une blessure traumatique) et pour limiter la douleur qui pourrait être présente.

E (élévation) L’élévation s’applique principalement pour les blessures aux jambes et aux bras et consiste à positionner la blessure au-dessus du niveau du cœur, afin de limiter l’accumulation de l’œdème dans la blessure.

A («avoid anti-inflammatory modalities» ? éviter les anti-inflammatoires) En effet, on pense souvent à tort que l’inflammation est nocive pour la guérison, mais c’est une étape primordiale, car elle permet d’amener au site de la lésion tous les facteurs et les cellules nécessaires à la guérison tissulaire. Donc, il est recommandé de laisser les advil, tylénol et autre anti-inflammatoire de côté lors des premiers jours suivants une blessure.

C (compression) La compression sert un peu de la même manière que l’élévation à garder l’œdème hors des tissus lésés. Cela limite l’enflure qui peut être problématique pour les tissus autour de la blessure. La compression peut être faite de plusieurs façons, dont avec un taping

E (éducation) Il faut premièrement apprendre à respecter les limites que notre corps nous donne, car c’est lui qui sait le mieux ce qui est nécessaire pour guérir. Il est aussi important de comprendre que lorsqu’une blessure se produit, une approche plus active permet une meilleure récupération. Bien que dans la majorité des cas, les modalités passives (électrothérapie, thérapie musculaire, etc) peuvent permettre d’accélérer le processus de guérison, il ne faut pas se fier uniquement sur ces aspects pour une guérison optimale.

 

La seconde partie de l’acronyme, LOVE, s’applique lors de la phase subaiguë, pour favoriser une récupération plus rapide et efficace.

«Après les premiers jours, les tissus mous ont besoin d’amour (LOVE)»(1)

L («load» ?stress mécanique) Lorsque les tissus commencent à se réparer, il est nécessaire d’appliquer une certaine charge sur ceux-ci afin que les fibres tissulaires s’organisent dans le bon sens et pour ne pas qu’elle soit désorganisée et ne puisse pas supporter une demande future. Il faut toutefois être à l’écoute de son corps et ne pas excéder la douleur.

O (optimisme) Le cerveau étant l’organe qui envoie les signaux de guérison dans tout le corps, il est important d’avoir une approche positive envers la guérison. Il est prouvé que les personnes optimistes face à la guérison d’une blessure récupèrent plus vite que les gens qui ne voient que les obstacles que la blessure dresse devant eux.

V (vascularisation) L’apport de sang au niveau d’une blessure est primordial pour favoriser une guérison efficace. Il est donc recommandé de commencer à pratiquer une activité cardiovasculaire quelques jours après une blessure musculaire, ligamentaire ou osseuse. Par contre, cette activité doit être faite sans douleur.

E (exercice) Les exercices sont une partie très importante du processus de guérison. Il sera important d’aller chercher des composantes de mobilité, de force et de proprioception (sens de la position/équilibre) pour retrouver les mêmes fonctions qu’avant la blessure et peut-être même plus. C’est l’élément du processus qui fera en sorte que le progrès sera conservé à plus long terme.

 

Et là, vous vous dites sûrement : «Mais… je ne vois ni la glace ni la chaleur dans tes explications.» En effet, encore aujourd’hui les études ne s’entendent pas tout à fait sur le sujet. Celle-ci pourrait ralentir le processus de guérison, un peu comme ce qui est décrit pour les anti-inflammatoires. C’est donc pour cette raison que la glace n’est pas recommandé dans les premiers jours suivants directement une blessure.

 

Par contre, il ne faut jamais oublier que chaque blessure est unique et nécessite une approche ciblée pour celle-ci, mais surtout ciblée pour la personne qui la subit. Il est donc important de se faire évaluer rapidement afin de mettre sur pied un plan d’action pour favoriser une guérison optimale!

 

1.Traduction libre de : Dubois B, Esculier JF. Soft-tissue injuries simply need PEACE and LOVE. British journal of sports medicine. 2020;54(2):72-3.