S’entraîner à jeun pour brûler plus de gras; mythe ou réalité?

Publié par : | 12 juillet 2016

Avez-vous déjà entendu dire que pour optimiser une perte de poids, il était préférable de s’entraîner le matin, avant même d’avoir pris son petit déjeuner?  Qu’en est-il?

Les études les plus récentes démontrent que pour changer sa composition corporelle, l’entraînement à faible intensité n’est pas optimal mais, qu’au contraire, on devrait privilégier les entraînements à intensité plus élevée.  Une haute intensité d’entraînement assure une dépense calorique plus grande pendant l’effort, pour une même durée d’effort et augmente même la dépense calorique jusqu’à quelques heures après l’entraînement.

La logique derrière l’idée de s’entraîner à jeun est que le matin, les réserves de glycogène sont faibles; elles ont été utilisées par le corps durant la nuit, pour assurer le fonctionnement de base du corps.  Ainsi, en principe, le corps devrait privilégier l’utilisation du gras pour faire ses activités le matin, si on ne lui fournit aucun sucre avant l’entraînement.  Cette information est, sommairement, à peu près exacte.  Cependant…

Cependant, plusieurs points de la vraie vie sont omis en vulgarisant les faits de cette façon.  En règle générale, les gens s’entraînent le matin avant d’aller travailler.  Ils ne disposent habituellement que de 15 à 60 minutes devant eux.  Étant donné que leur temps d’entraînement est fixe, ce qui fera varier la dépense énergétique sera l’intensité déployée lors de l’effort.  Or si les réserves de glycogène sont faibles, il sera impossible de maximiser l’intensité, le gras étant trop lent à utiliser.  L’entraînement ne sera donc pas optimal.

D’autre part, le corps ne brûle jamais seulement du sucre ou seulement du gras.  Il brûle toujours un mélange des deux.  Par exemple, lors d’un effort à forte intensité alors que les réserves de glycogène sont pleines, le corps brûlera à la fois du gras et du glycogène.  La dépense énergétique d’un tel entraînement peut être tellement élevée que, de manière absolue, le corps brûlera quand même plus de gras que lors d’un effort de plus faible intensité, à jeun.  En plus, lors de ce dernier type d’entraînement, étant donné que les réserves de glycogène sont à sec, le corps brûlera non seulement du gras, mais aussi ses réserves de protéines, en détruisant les muscles, pour fournir de l’énergie.  Côté composition corporelle, on peut faire mieux!

Un des risques associé à l’entraînement à jeun est l’hypoglycémie (baisse de sucre). Celle-ci peut se manifester par des vertiges, maux de tête et manque de concentration. Ces symptômes peuvent mener à des accidents, blessures et dans des cas extrêmes, un perte de conscience durant votre pratique d’activité physique. Pour réduire ce risque, il est important de manger léger avant de partir et de bien s’hydrater. Les oeufs-bacon ne sont pas nécessaire non plus! Un lait frappé aux fruits pourrait suffire ou simplement un fruit. La collation post-entraînement doit être complète pour maximiser la récupération (voir article antérieur sur le sujet).

Alors dans votre objectif de perte de poids ou de changement de composition corporelle, faites-vous une faveur, mangez à votre faim et selon vos réels besoins en énergie.  Vous aurez de meilleurs résultats et serez en meilleure santé.